Du sang sur les bleuets par Jean-Marie Borghino

jsytkdte

Plan de l’article :

____________________________

Découvrez le synopsis de « Du sang sur les bleuets »

Synopsis FrançaisAnglaisItalien

fxhkdtukLorsque le 1er août 1914 la mobilisation est décrétée, c’est par millions que les jeunes conscrits se pressent dans les bureaux de recrutement et dans les gares à l’appel du devoir. Ce sont des bleus, les plus jeunes, on les appelle : des bleuets, ils n’ont jamais connu le feu et cette aventure qui commence les inquiète. La France de 14 est essentiellement rurale, ce sont par centaines de milliers que ces jeunes gens quittent leur ferme, leur exploitation agricole. Ils sont soucieux parce que c’est l’époque des moissons, et qu’ils laissent tout le travail aux femmes, aux vieillards et aux enfants. Les champs de blés sont parsemés de bleuets, les paysages d’Artois et de Picardie sont jonchés de coquelicots, dès 1915 ils le seront également de la couleur bleu horizon des uniformes français tachés de sang !

 

Blood on the cornflowers

When, on August, 1st 1914, the call-to-arms is announced, young draftees in their millions queue up at recruiting stations all over the country to join the war effort. They were the blues (bruises), the youngest, known as cornflowers, they who had never experienced gunfire and for whom this adventure had only just touched their concern. The France of 1914 was essentially rural and it was in their hundreds of thousands that these young men left their farms and homesteads at harvest time, leaving the work to their women, old folk and children. The wheat fields are strewn with cornflowers, the landscapes of Artois and Picardy sprinkled with poppies, colours which, from 1915, will become the sky-blue of the French uniforms, stained with the red blood of combat.

Del sangue sui fiordalisi 

Quando il 1 agosto 1914 la mobilisatione è decretata, sono per milioni che i giovani coscritti si affrettano negli uffici di reclutamento e nelle stazioni alla chiamata del dovere. Sono i più giovani, delle matricole, come li chiamono : dei fiordalisi, non hanno mai conosciuto il fuoco e questa avventura che commincia li inquieta. La francia del 14 è essenzialmente rurale, sono per centinaia di migliaia che questi giovani lasciano le loro fattorie, le loro aziende agricole. Sono preoccupati perché è l’epoca della mietitura, e che lasciano tutto il lavoro alle donne, ai vecchi ed ai bambini. I campi di grani sono cosparsi da fiordalisi, i pa esaggi di Artois e di Piccardia sono giuncati da papaveri, e a partire dal 1915 lo saranno anche dal colore blu orizzonte degli uniformi francesi macchiati di sangue.

____________________________

Les critiques

Critique  de l’éditeur (site de l’éditeur)

bleuets_et_coquelicots-300x225L’art de Jean-Marie Borghino c’est l’empathie. Avec le peuple des poilus de 14-18. La démarche est simple : se glisser dans la peau d’un soldat, le faire raconter son histoire, sa vie ou sa mort sur le front. Comme si Jean-Marie Borghino tentait de redonner la parole à ces gens dont le témoignage fut souvent passé sous silence et dont les lettres envoyées du front furent systématiquement amputées par la censure. Là, pas de censure, si ce n’est celle du temps, du rêve et du cauchemar de l’auteur se plongeant dans cette réalité si lointaine et si présente. On sent cette chose : ce cauchemar éveillé d’un homme du XXIème siècle, revivant dans des limbes d’une incroyable présence le calvaire de ces hommes, des enfants encore, pour la plupart, naissant dans la mort à l’aube du XXème siècle. La parole de Jean-Marie Borghino se fait lente, implacable, concrète jusqu’aux moindres détails ; elle exhume, elle tire méthodiquement les êtres de la boue des tranchées, comme un sculpteur modèle un visage dans la glaise, et rend leurs traits aux anonymes. Les personnages renaissent, toujours accompagnés de leur épitaphe, portant à chaque instant la trace indélébile de leur disparition ; il semble parfois que la figure de St François tenant sa tête sous son bras hante le texte… Il y a la pluie, les bombes qui tombent, la boue qui s’écroule, les cadavres remués dans les charniers, cette apocalypse dans une immense tombe à ciel ouvert qu’on a si peur de refermer… Ce cauchemar traverse tout le texte : être enseveli vivant, s’y refuser, combattre, puis s’y soumettre, et disparaître. La métaphysique de l’horreur qu’on abat sur tout un peuple, celui des poilus, la plupart des paysans, broyés dans la première guerre industrielle du monde moderne. Le récit en devient onirique. Toujours revient le rêve de blancheur, la neige qui se dépose, la glace qui fige ses ombres pâles sur les vivants, la brume qui noie tout d’un halo translucide et laiteux… Des drapeaux blancs jetés au désespoir dans le cours du récit, puis qui se déposent comme des linceuls. Le néant dans lequel est renvoyé toute tentative de souvenir.

Autres critiques

____________________________

Les journaux de tranchées :

Extrait de « Du Sang sur les Bleuets. » 

Les journaux de tranchée apparurent dés le début de la guerre, dés lors que les poilus commencèrent à s’enterrer. Ils furent l’œuvre de quelques soldats qui prirent le temps, entre deux attaques, de rédiger bien souvent sur une, deux, parfois trois feuilles de papier grossier, les nouvelles du front. Chaque régiment y avait sa propre cellule, chaque groupe y apportait un soin particulier à se démarquer des autres afin d’être le plus complet, voire le plus amusant, et la part accordée à la dérision de l’ennemi tant exécré prenait parfois des tournures cocasses. Entre une alerte aux gaz et un marmitage, ils étaient religieusement écrits avec de vulgaires crayons, puis calqués et reproduits en plusieurs exemplaires. Certains furent de véritables petits chefs d’œuvres. Les illustrations révélaient parfois des talents cachés de certains individus qui en firent plus tard une vocation. Ils permettaient aux soldats de s’évader, de faire dans l’imaginaire des rêves qu’ils n’auraient jamais osé faire dans leur misère quotidienne. Le plus souvent, c’était l’érudit de la compagnie qui lisait les informations en petits groupes, ce qui déclenchait bien souvent des commentaires, des éclats de voix, de rires et de dérision. C’était une manière d’oublier ses misères, la boue, les rats, les poux, la mort. Les titres apparurent par centaines, franchouillards, rigolards, pleins de créativité, d’humour de raillerie et se perpétueront jusqu’après la fin des hostilités. Il y était évoqué la vie de l’arrière, ce qui permettait de se replonger un instant avec les siens, de renouer avec le sacro saint cordon ombilical de la famille et des êtres chers. Pour n’en citer que quelques uns : l’Echo des guitounes, le Canard du boyau, le Rigolboche, l’Echo de la Mitraille, le Poilu du 37, le Poilu du 6-9, la Roulante, l’Echo des tranchées. Ces journaux nous font entrer de plain-pied dans la vie de ces hommes et nous aident à porter un autre regard sur cette Grande Guerre. Une attention pleine de compassion et de tendresse envers des individus qui ne pouvaient pas se projeter, faute de temps, vers des lendemains incertains, voire impossibles pour la grande majorité d’entre eux. Cet avenir, ils se le matérialisaient à leur convenance, en modelant à souhait les titres et les croquis de leurs journaux respectifs, rivalisant d’ingéniosité et de créativité.

Jean-Marie Borghino

____________________________

Interview Vidéo de Jean-Marie Borghino

pour Du sang sur les bleuets

images

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*